Résumé
Le milieu du système éducatif en Côte d’Ivoire est fortement marqué par l’existence de deux types de formation : l’un formel et l’autre informel. L’éducation islamique, qui figure dans le second groupe, est comptée au nombre des institutions précurseurs du système éducatif du pays. Relevant de l’autorité d’un individu ou d’une collectivité que d’un Etat, les établissements d’enseignements islamiques ont traversé le « temps ». Ils ont fait leur entrée sur la scène éducative sous la forme des écoles coraniques traditionnelles ou dougoumakalan (en langue Malinké) avant de connaître une mutation – medersas – sous l’administration coloniale. En dépit de ce changement qui les rapprochait, par la forme, de la formation des écoles publiques, les établissements islamiques ont continué leur évolution sous la tutelle du Ministère de l’intérieur, même au lendemain de l’accession du pays à l’indépendance. Cette situation de marginalisation d’une frange importante de la jeunesse musulmane d’âge scolarisable allait conduire à la mise en place de structures associatives islamiques. De 1954 au début de la décennie 1980, plusieurs organisations au nombre desquelles la section nationale de l’Union Culturelle Musulmane (UCM), l’Association des Enseignants Coraniques (AEC) et le Conseil Supérieur Islamique (CSI), se sont engagées dans la lutte pour la reconnaissance des écoles de cet ordre d’enseignement. Ces initiatives furent toutes sans succès. Toutefois, elles ouvraient la voie aux pourparlers entre l’Etat et les associations sous l’ère du multipartisme. Avec le décloisonnement de la vie politique, le début de la décennie 1990 allait relancer le débat sur la problématique de l’enseignement islamique. Ainsi, sous la conduite du Conseil National Islamique (CNI), des négociations, engagées avec l’Etat, ont abouti à la signature d’une Convention sur l’enseignement islamique le 02 décembre 1993. Cette nouvelle disposition a donné la possibilité aux medersas de sortir de l’ornière et se hisser désormais au rang des écoles confessionnelles catholiques et protestantes. Mais plus d’une décennie après l’entrée en vigueur des dispositions de cette Convention, le visage que présente le système éducatif islamique est encore loin d’être reluisant.